jeudi 17 mars 2016

Première partie, ou comment nous avons "découvert" Cluny.
Je ne sais pas vous, mais moi, jusque cet été je ne savais presque rien de clunisiens ou cisterciens… Malgré le fait que je suis déjà depuis 14 ans en France. C’est vrai que les Français qui m’entourent eux non plus ne semblent pas très informés. Et je vous propose de faire un sondage autour de vous : combien des gens qui vivent en France, Français « de souche » ou d’origine " étrangère », savent…
C’est vrai aussi que la France est tellement pleine de monuments, qu’à un moment donné on ne fait même plus attention : comme ma belle-mère (83 ans) qui, quand j’exclame « regardez comme c’est beau » répond au tac au tac : «j’ai vu ça toute ma vie… »

Ben, oui… Et petit à petit, diverses révolutions aidant, on a oublié la signification…

Et pourtant

Bon, je vais vous raconter tout, dés le début.

L’hiver 2004-2005 a été, pour plusieurs raisons, dont une grippe et le fait d’arrêter de fumer, très difficile pour moi. Je suis sorti au printemps avec une sort d’angoisse qui ne me quittait pas, au bord de la déprime… Qu’est ce que je dis au bord ? Le docteur m’a même recommandé du deroxat pour au moins trois mois! Mais, en lisant sur des Forums médicaux (ah, Internet quand tu nous tiens…), en voyant les conséquences que ce médicament peut générer, j’ai pris la décision de me prendre plutôt en main et, Michel aidant, d’inventer mon propre traitement…

Une première étape de ce nouveau "traitement" a été un séjour d’une semaine à Malte, suivi, entre autres, par des excursions à travers la France tous les trois ou quatre week-ends …

En démarrant ce "régime" d'excursions nous, c'est à dire Michel et moi-même, nous avons eu quelques «ratées» cuisants, suivies d’orages tragi-comiques dans notre couple… Soyons clairs, quand je dis "ratées" je fais référence surtout au but déclaré de ces virés: si on considère qu'on part pour me faire plaisir et pour lutter contre ma "déprime", si en revenant je suis malheureuse et je n'arrêt pas de pleurer, on peut considérer que c'est raté, je crois... Comme ce dimanche quand, en compagne de nos copains Maurice et Nicole (en fait Maurice est le meilleur ami de Michel et il est aussi passionné que nous par les voyages. Sinon plus: preuve, il fait chaque année l'aller-retour à la Guadeloupe, où il s'est même construit une maison...) nous avons passé à coté du St.-Cyrq-Lapopie sans y entrer, car "de toute façon on peu tout voir d'ici"...
C'est vrai que la vue était magnifique, avec le village perché sur son rocher, à 80m en dessus du Lot, mais peut être que l'église du XVe siècle, ou les vieilles maisons "à poutres apparentes et portes gothiques", sinon les vestiges de l'ancien château médiéval (voir le guide bleu de la France) auraient été aussi intéressants à voir...
Mais qu'est ce que je dis St.-Cyrq-Lapopie? En fait nous avons traversé tout le sud de la France (Clermont-Cahors et retour) presque sans nous arrêter, sauf pour manger pendant 2 heures dans un restaurant quelque part entre Cahors et St.-Cyrq-Lapopie. J'exagère un peu, car, en allant, nous avons visité quand même, quoique un peu en courrant, le célèbre Collonges-la-Rouge, ce magnifique village d'étape sur la route de Saint Jacques de Compostelle, aux maisons en grès rouges... En voilà deux photos:

En tout cas, au retour, plus on avançait vers notre maison, plus ma colère augmentait! Faire tant de kilomètres seulement pour aller manger ?! Sans jamais s'arrêter,ou presque ! Ca me dépasse! Surtout que je ne suis pas trop "voiture", et encore moins "restaurant", moi: si je ne descends pour marcher, pour voir de près, pour sentir les odeurs et éventuellement toucher, c'est comme si je n'avais rien vu! Et tant pis pour les paysages de la vallée du Lot, ou du Célé, superbes par ailleurs... Ben, je pense que j'émettais d' ondes avec mon mécontentement, car à un moment donné, sur le chemin de retour, en faisant nous une halte "santé" à Martel, c'est Michel lui même qui nous à proposé d'aller visiter un peu la ville. Et quelle belle surprise: une vrai cité médiévale, avec des belles maisons du XIVe-XVe siècle, avec une halle du XVIIIe à charpente en bois, où ce tient des renommés marchés aux truffes...


Donc, finalement ce n'était pas si mal. Et en étant si "mécontente" après cette excursion, malgré tout assez réussie, je ne savais pas ce qui m'attendait et qu'il y a pire... Car, quelques semaines plus tard, pour me faire plaisir, Michel, qui n'a jamais du temps libre, (les 35 heures il ne connaît pas, qu'est ce que je dis 35, ni 85 ne sont pas assez pour lui), a accepté de partir un week end entier (samedi et dimanche!!!) chez des copains qui faisaient une cure thermale dans les Pyrènes, plus précisément à Aulus les Bains, dans l'Ariège...


Ben, là, rien à dire, c'est magnifique!
En premier lieu, il y a la montagne, avec ses combes et ses crêtes, qu'on a pu voir de près le soir de l'arrivée. C'est vrai que nous ne les avons pas trop vus, mais seulement parce que la nuit était tombée, car autrement nous y sommes resté assez longtemps: nous avons mangé sous les étoiles, à 2000 m, au milieu de nulle part... Voilà un peu l'endroit, photographie d'en bas, le lendemain...

Oui, il y avaient les Pyrénées, même l'endroit est, paraît-il, célèbre, car c'est là qu'est venu pour "mourir" l'un des plus grands glaciers pyrénéens. D'où la majesté du paysage, vert et accidenté, avec des cascades et des rivières souterraines, (semble-t-il, car nous ne les avons pas vus non plus, mis à part le Mas d'Azil que nous avons été bien obligés de traverser) avec des belles grottes, dont celle de Niaux, peinte, tout près, étant en plus une des rares grottes peintes encore visitables (car à Lascaux on visite une copie "conforme")... Il y a aussi Foix, avec son château, puis Mirepoix, la vieille bastide du XIIIe siècle, et surtout c'est le pays des cathares, avec le légendaire Montségur, la dernière place forte des "hérétiques"... Vous croyez que nous avons vu tout ça? Que nenni!
Tout ce qu'on a vu c'est la caravane de nos copains, qu'on connaissait déjà, car elle reste tout le reste de l'année, comme c'est normal, dans leur jardin...Et on a vu aussi une toute petite grotte (artificielle?) ou il y a la source, car si c'est Aulus les Bains c'est qu'il y a une source ou les curistes vont boire leurs portions d'eau... Eh ben, d'un coup nous avons bu de l'eau nous aussi, et j'ai filmé cette grotte sur toutes les coutures, en voilà la preuve:
Il faut reconnaître que pour deux jours ce n'est pas grand choses... Pour deux jours, car, comme je le disait plus haut, nous sommes partis dès samedi: nous avons dormi la nuit dans un hôtel je ne sais plus où... Je vais regarder sur une carte, si ça vous intéresse. Et ça devrait vous intéresser, pour savoir où il ne faut pas aller: non seulement la chambre sentait affreusement le moisi, mais, en plus, ils nous ont fait payer la chambre, malgré le fait que mon mari a demandé en mode exprès si ce n'est pas déjà payée, en supposant que nos copains ont payé pour nous...
Et c'était payé! Il a fallu retourner dans la journée pour réclamer l'argent: tant mieux, car nous ne voulions pas que soit nos amis qui payent, mais quand même... Si nous aurions appris leur forfait à Clermont?!... Et dire qu'en plus je n'ai pas dormi grand chose, car j'ai vomi tout la nuit: les serpentines, en allant en voiture à notre "restaurant" en plein air, en haut des montagnes, le repas, affamée, après tant des heures de route, dans le froid, car je suppose que vous avez compris que nos amis ont eu la merveilleuse idée de nous offrir un pique-nique au clair de lune à minuit...

Enfin, vous avez compris: je n'étais pas du tout contente. Normal, vu combien c'est difficile pour nous de partir d'ici. Si en plus quand nous partons, nous faisons tous ces centaines de kilomètres pour voir... une caravane... Heureusement que la route était superbe: la vallée de l'Ariège, en accompagnant, par ailleurs, le Tour de France, car c'était exactement le dimanche quand le tour de France passait par-là... Mais oh, combien c'est frustrant pour moi de traverser comme ça, à cent à l'heure, sans m'arrêter, des localités comme Pamiers ou Mirepoix... Enfin, c'est pas grave, avec tous ces mésaventures, finalement ça nous fait des souvenirs...
Bon, pour conclure, ces deux expériences, plus une autre excursion assez décevante(*) dans le Poitou-Charente (Parthenay, Thouars), m'ont convaincue qu'il ne faut rien laisser au hasard, ni les itinéraires, ni les partenaires de voyage... Et c'est ce qu'on a fait depuis. Mais, pour commencer, notre conclusion immédiate a été "nous deux, on est bien ensemble et point-barre" : "la prochaine fois on partira que nous deux"!(**)
Ainsi, par une belle dimanche d'août, Michel m'a dit "et si on part aujourd'hui"... Moi, toujours prête, comme "le pionnier soviétique"(***).

Nous avons étudié sur une carte pour voir qu'elle est la région la plus proche de nous (car c'était un peu tard pour parcourir des longues distances), que nous connaissons le moins (je dit "nous", mais je devrais dire plutôt "moi") et nous avons décidé d'aller en Bourgogne... Et c'est ainsi que nous avons découvert Cluny! Et tout ce qui a suivi...Mais pour ces découvertes, une autre page vous attend...




Notes:
(*) Je vais raconter quand même en deux mots ce que c'est passé dans cette excursion: nous sommes partis jusqu'à Poitiers (quelques trois cent kilomètres!) pour rencontrer une ancienne collègue d'Université de Bucarest, (je précise "collègue" et pas "amie", en plus une collègue que je n'ai pas vu depuis 1972, sinon très brièvement à Bucarest, à l'occasion du banquet d'anniversaire: 30 ans depuis la fin des études. A tel point qu'à ce banquet j'ai fait même une gaffe en lui disant "je me souviens de ton mariage", "lequel" m'a répondu la fille) venue en visite de travail à l'Université de Poitiers. Merci Michel d'être toujours si gentil... L'excursion aurait pu être vraiment belle, j'ai prévu d'aller à Parthenay et à Thouars, le temps était beau, etc... Mais dès le début ma collègue a montré "ses couleurs": en entrant dans la première église de Parthenay, elle a commencé à me parler de la Grande Muraille de Chine, dans le style "moi j'ai vu La Grande Muraille", que je connais si bien... Déjà que la Grande Muraille n'avait rien à voir là dedans, je vous rappelle qu'on était en train de visiter une église "chef-d'œuvre de l'art roman poitevin"!... Qu'est ce que j'avais à f... en ce moment avec la Grande Muraille?! En parenthèse soit dit, j'étais moi-même en Chine et même par trois fois, pour travailler: une fois 3 semaines, une autre plus d'un mois et, enfin, la dernière fois, pour plus de deux semaines. Et je ne sais pas maintenant, mais à l'époque, nos collaborateurs chinois nous organisaient des excursions tous les week ends, alors, la Muraille, je l'ai vu au moins deux fois... Mais, en plus, je connais très bien ce type de phrase et surtout le ton qui l'accompagne: Michel m'a dit une fois que nous, les Roumains, on dirait que nous sommes partis en croisade, pour "conquérir" le monde. Croisade ou pas, certes est qu'il y a comme un sort de compétition: "j'étais dans ce pays", "j'ai vu ça", "j'ai fais ça", sinon "j'ai ça"... Mais cette collègue là, c'était le comble! Ou c'est moi qui déconne, ou, je ne sais pas quoi: après la muraille de Chine, c'était le tour du salpêtre sur les murs, et "l'incompréhension" sur l'état des lieux quand elle voyait des ruines! A un tel point qu'on aurait pu se demander d'où elle vient! Apres quelques phases édifiantes, je n'ai plus rien dit et j'ai lassais faire. Par exemple, quand elle a commencé à m'expliquer comment se fait le traitement des images IRM (ce n'est pas du tout sa spécialité, d'ailleurs elle n'est même pas informaticienne) je n'ai même pas dit que le traitement des images c'est ma spécialité et que j'ai un master d'Imagerie Médicale en France...

(**) En fait nous avons fait des excursions merveilleuse avec d'autres copains ou parentes: même cette été, l'excursion fait avec Annie et Robert, deux jours dans l'Ardèche, ou avec Ioana et Pavel un samedi après midi vers les Gorges de la Sioule et dimanche à Turenne et le Gouffre de Padirac, en Dordogne... Mais ça c'est une autre histoire...

(***) Dans les pays du bloc soviétique les enfants entre 9 et 14 ans faisaient partie de l'organisation de pionniers: avec une cravate rouge au cou et un basque bleu marine sur leur tête. Leur organisation était quasi-militaire. Aux réunions de détachement le comandant demandait "pionniers, vous êtes prêts?" Le détachement répondait en cœur "je suis toujours prêt".




Visite à Paray le Monial et Cluny.

Comme je disais, nous sommes partis un dimanche matin, vers 9 heures et demi, même vers 10 heures, peut être. En tous les cas, c'était assez tard: d'habitude, pour avoir un dimanche tout plein, pour profiter aux mieux de nos excursions, nous partons vers 5-6 heures...

La route par elle-même m'était complètement inconnue, quoi que je suppose que ce n'était pas tout à fait pour la première fois que je la prenais: déjà en 1992, l'année de mon arrivée en France, nous sommes allés au Mâcon pour rencontrer Simona, donc je suppose que c'était la même route. En '92, en ne sachant pas trop quoi visiter, on a visité ensemble une grotte: les Grottes d'Azé? Bon, mais à l'époque de toute façon je ne connaissais rien du tout en France.En plus j'étais tellement émue de revoir Simona, perdue comme j'étais, "seule dans un pays étrangère"...

C'est pas que cet été je connaissais plus que ça! Preuve, quoiqu'on venait de visiter un "site clunisien", à Mozac, je ne savais pas du tout ce qui m'attendaient...

La route passait par des localités intéressantes, comme "La Palisse" et je disais, plutôt pour déconner, "Aha, donc c'est d'ici qu'il soit parti M ( Jacques II de Chabannes) de La Palice (qui, à cause de ses soldates et leur chanson qui dit qu'"une heure avant sa mort il était encore en vie" est devenu nom commun: lapalissade)... Ben oui, appris-je plus tard, et en plus le château est encore la propriété de sa famille, qui l'a reçu de Charles de Bourbon en 1430!...

Aussi peut être j'avais raison de dire que le nom commun "donjon" vient du nom de la localité Donjon, mais là c'est plutôt l'inverse qui est vrai, je pense...


Enfin, vers midi trente, nous voilà à Paray le Monial. Sans tarder nous commençons par la visite du cloître, qui, va savoir pour quoi, au début me suggère une université. Pas quand même quand je vois le jardin, avec les tours de l'église au- dessus des toits. Par ces gros murs blancs et ces colonnes simples, le bâtiment me rappelle l'ancien monastère de Michel le Brave à Bucarest. Ce monastère que j'ai regardé des heures durant avant qu'il soit démoli pour faire place au nouvel "palais" du centre civique... Je vais demander à ma cousine Cezarapour avoir une confirmation sur mes impressions.
Enfin, nous quittons les lieux et nous entrons dans l'église. On a bon de savoir qu'à l'origine les églises romanes étaient très colorées, entièrement peintes, en ayant l'habitude des sombres églises romanes auvergnates, je suis surprise par la grande luminosité, la joie qu'elle inspire. Apparemment récemment restaurée, car le Christ Pantocrator (tout puissant), la fresque du XVe siècle du chœur, a l'air tout neuf, l'église a une décoration le plus souvent végétale, modeste et simple, rehaussée par le contraste de la pierre dorée, calcaire du Brionnais tout proche, sur les murs d'une blancheur impeccable. Une atmosphère chaleureuse, de sérénité et de paix se dégage... Pas si banale, dans une église catholique de cette époque...



Bon, je ne vais pas décrire l'église en détailles, il y a qui l'on fait déjà, même sur le net. Et bien! Par exemple ici, et ici.
Je voudrais seulement vous décrire ma surprise en voyant l'église Notre Dame de Paray le Monial, connue aussi sous le nom de "la basilique du Sacré-Cœur".
Mais la vraie surprise j'allais l'avoir dehors, en retrouvant le clocher et surtout, au chevet, la "pyramide auvergnate"... Mdr,comme disent les djeuns... Voilà ma curiosité déjà réveillée.

Mais c'était rien par rapport à ce qui m'attendait à Cluny... C'est que dans mon guide "Bleu" de France je n'ai pas beaucoup d'informations sur Cluny… Avant de passer à Cluny, est ce que vous savez ce que Sacré-Cœur veut vraiment dire? Si non, allez à cette adresse où tout est très bien décrit!





Nous sommes arrivés à Cluny vers 14 heures, après avoir mangé en vitesse un sandwich et un fruit et bu un café. dans une "aire de repos" bien placée: j'adore pique - niquer quand je voyage et Michel commence à être d'accord avec moi. Nous gagnons du temps et en plus nous sommes plus lestes, pas alourdis par la bouffe... Seulement quand nous sommes à plusieurs, Michel insiste pour aller au restaurant, de peur qu'on le taxe de radin, il me semble...
Nous avons enfin trouvé un lieu de parking quelque part en dehors de la ville et après avoir quitté la voiture, nous avons suivi la foule (!) en passant à côté de bâtiments "étranges", comme par exemple des arènes équestres, avec des portes largement ouvertes mais vides, etc...

Ultérieurement j'allais apprendre qu'à Cluny il y a le "Haras National" qui conserve les races de traite et de selle de Bourgogne et que pour construire ces bâtiments les habitants ont utilisé les pierres de leur église, une des merveilles du monde, la plus grande église chrétienne, dépassé cinq siècles plus tard, à peine de quelques mètres, par le St. Pierre de Bramante et Michel-Ange de Rome et plus grande que la St. Sophie à Istanbul, que les Turcs, eux, ils ont épargné!

Vous voyez Paray le Monial? Vous imaginez un peu sa grandeur réelle? Eh ben, alors imaginez une église trois fois plus grande, qui par ailleurs lui ressemble, car construite par les même équipes, à la même période: sept tours (dont seul le Clocher de l'Eau bénite, non le plus grand, est encore debout: le voilà dans la photo de gauche ) deux transepts, cinq nefs...
Pour quoi j'étais si impressionnée, sinon choquée? Je ne sais pas! J'ai vu des églises en ruines, j'ai vu l'église de Dresde, bombardée par les Américains, même à côté de chez nous, ici, en France, il y a une chartreuse en ruines, justement un monastère saccagé après la révolution... Mais oui, mais pas de cette ampleur.
*




En visitant le palais de Jean de Bourbon (XVe siècle) j'ai pu voir les "vestiges" de l'abbaye, ceux qui ont pu être retrouvées par des fouilles archéologiques! Ben, oui! Et ce n'est pas de l'Empire Hittit d'il y a plus de 3 milles ans qu'il s'agit, ni de fouilles à Boghazköy, quelque part en Turquie, mais de Cluny et son église chef d'œuvre de l'architecture romane, détruite à la fin du XVIIIe siècle. C'est à dire hier! Au siècle des "lumières"!?
Les chapiteaux sculptés des leçons de la Sibylle, les linteaux ou David dansait devant l'Arche, les tympans qu'éclairaient les Prophètes les visages tournés vers le Messie, faisaient de bonnes pierres à empierrer les routes" Comme quoi, intégrisme révolutionnaire ou intégrisme religieux, c'est pareil... Et vu les effets du communisme dans le monde, peut être le dernier et le pire... Et surtout "ne cherchons pas le mobile noble d'une action, quand il s'en trouve un bas", comme écrivait l'historien britannique Édouard Gibbon, qui fut presque contemporain du drame*, dans son "Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain"...


Bon, sans entrer en détailles ici, car tout est déjà dit sur les nombreux sites dédiés à Cluny et/ou à l'architecture romane, dont ma propre page à l'adresse http://rochebriant.ifrance.com/Christianism/Cathedrales.htm , je dois quand même préciser pour ceux qui ne veulent pas aller plus loin que l'abbaye de Cluny, monastère régit par la règle de Saint Benoît (de Nursie), reformées par Benoît d'Ariane, fut fondée le 11 septembre 910 par le duc Guillaume d'Aquitaine. En 931 Cluny dépendant directement de Rome, obtient le droit de diriger d'autres monastères ce qui provoque un essor extraordinaire de son ordre: au début du XIe siècle il y a plus de 1200 monastères dépendants de Cluny à travers l'Europe. Ainsi, la première église, Cluny I, construite au début de Xe siècle doit être agrandie par deux fois. Cluny III, dont on voit aujourd'hui les restes, voit le jour en 1088 (sous l'abbé d'Hugues de Semur, comme celle de Paray le Monial), alors que l'ordre est à son apogée. Son déclin, entamé déjà pendant la guerre de religion, continue après 1516, quand les abbés ne sont plus élus par les moines, mais nommés par le Roi ( c'est le système, désastreux pour le monastère, de la commende : c'est ainsi que Richelieu et Mazarin deviendront abbés de Cluny) et s'achève en 1791: l'abbaye est fermée et les profanations commencent. De l'ancien site il reste aujourd'hui 2 palais abbatiaux, 4 tours d'enceinte et les bâtiments conventuels du XVIIIème siècle, quant à l'église, presque entièrement détruite, il en reste encore le Clocher de l'Eau Bénite, la Tour de l'Horloge ou un escalier à vis mène vers la chapelle de l'archange Gabriel, et la chapelle Jean de Bourbon, construite au XVe siècle.
Voilà deux plans du site et de l'église, qu'il faut étudier si vous voulez comprendre les photos que j'ai mises sur flickr.com...







Et voilà pourquoi j'ai voulu savoir vraiment tout ce que c'est possible, premièrement sur Cluny, après, forcément, car c'est avec Cluny que tout a démarré, sur l'architecture religieuse romane... En ne me contentant seulement de ce que je puisse trouver sur internet, comme http://architecture.relig.free.fr/cluny.htm, http://www.art-roman.net/cluny/cluny.htm , http://homepage.uvt.nl/~s239062/EDIFICES/cluny.htm ou encore
http://www.u-bourgogne.fr/monge/h.leferrand/cluny.html et http://perso.wanadoo.fr/les-monts-du-limousin/cluny.htm , mais en cherchant aussi dans tout sort de livres, en commençant avec des livres de l'histoire de l'art et d'architecture...
J'ai essayé après d'écrire un résumé aussi court que possible sur ce que j'ai trouvé et je l'ai mis en ligne à l'adresse
http://rochebriant.ifrance.com/Christianism/Cathedrales.htm .
Et surtout je me suis fait un plan de visites en France pour voir par moi-même ce que tous ces sites et livres décrivaient si bien... Dans ce sens il y a trois semaines nous avons visité Autun, Vézelay et... l'Abbaye de Fontenay. Mais de cette excursion là je vais écrire un peu plus tard.





Et pour finir mes impressions dans cette excursion-ci, je dois ajouter qu'à Cluny ce n'est pas seulement le site bénédictin qui m'a impressionné (j'ai même pris une branche de rosier dans le jardin, devant les anciens bâtiments conventuels, à l'automne ça avait l'air d'avoir pris, j'espère donc que j'aurai un rosier "Cluny") mais la ville elle-même, avec ses ruelles, ses bâtiments moyenâgeuses, tous ces gens qui déambulaient tranquillement dans les rues, et surtout le chocolatier avec ses bons chocolats que nous avons dégusté sans tarder, assis sur un banc, dans un petit square au bout de cette rue...




*Jean Philippe Lecat,"Le livre d'or de la Bourgogne", ed.Bonechi, Florence, 2004


J’ai hésité longtemps avant de démarrer cette dernière partie de l’histoire de nos voyages à travers la France, «à la recherche de l’age roman»… Pour plusieurs raisons:

    Premièrement, pourquoi « la dernière » ? Car il y a aussi le célèbre « art roman auvergnate », dont les églises majeures, Orcival, Notre Dame du Port, Saint Saturnin, Saint Nectaire, sont juste autour de chez nous. Saint Austremoine d’Issoire n’est pas loin non plus, mais comme je ne l’ai pas encore vue… J’aurais aussi pu parler de la mal connue abbaye de Mozat, ou même de la presque auvergnate Saint-Foy de Conques. Ou des églises plus petites, mais peut être encore plus attendrissantes, comme celle de Vergheas où nous avons été dans ce dimanche de Pâques Orthodoxes : devant la célèbre statue de Notre Dame, de retour dans l’église après ce vol du 21 Novembre 1976, j’ai allumé un cierge sans me rendre comte que nous n’avons pas des sous avec nous. Je dois y retourner pour le payer !!!

    Puis, comme cette page devrait être dédié à l’Abbaye de Fontenay, implicitement il fallait parler de Saint Bernard de Clairvaux, sujet trop complexe pour moi et pas suffisamment approfondi, donc assez difficilement abordable…

Mais comme ça je ne finirais jamais et puis il y a assez de sites dédiés à l’architecture romane et à Saint Bernard lui-même. Moi je ne voulais faire qu’un aperçu, une sorte de synthèse avec ce qui me semble essentiel à savoir si on veut comprendre quoi que ce soit de la France d’hier et d’aujourd’hui…

Dans cet esprit, le cisterciannisme (si on peut dire) et la conception de Saint Bernard de Clairvaux sur la vie monastique et l’architecture religieuse me semble incontournable, le dernier mouvement d’envergure de la « grande foi » chrétienne… Car après commence les dérives de tout sort qui préparent la grande chute !…


Autun & Vézelay - à la recherche d'un monde disparu.

Après notre visite à Paray le Monial et Cluny, mon intérêt réveillé à "donf" (conformément, toujours, au langage des "djeuns"), j'ai cherché désespérément tout sort de bouquins et de sites pour m'informer un peu mieux sur l'architecture en général et l'art "roman" en particulier. Dés le début j'ai vite retrouvé ce que, à peu près, je savais déjà, c'est à dire que dans l'architecture des églises romanes tout est métaphore, en commençant avec l'église elle- même, en forme de croix, avec son cœur à l'endroit du cœur de Christ.

A l'intérieur de l'église, l'élancement des murs et des piliers vers la voûte1 illuminée par la lumière "venant du ciel", dispensée par des fenêtres hautes et magnifiée, vers le cœur, par la multitude des fenêtres du transept, contribuent à créer une vision métaphorique de l'appel de Dieu et du paradis céleste (comme ici, à Vézelay).
Hors les chapiteaux, aucun élément décoratif ne rompt cet essor des formes vers les cieux. Et les chapiteaux elles même, se doivent d'avoir une fonction évangélique en plus de leur aspect décoratif. Ainsi, à coté des chapiteaux de style composite, où les volutes ioniques s'ajoutent aux feuilles d'acanthe ou autres végétaux, les églises commencent à se remplire des chapiteaux2 "historiés", avec des scènes représentant d'une manière symbolique les textes de l'Ancien ou le Nouveau Testament.

Et les traces les plus grandioses de cette entreprise didactique, chef d'œuvres narratives et décoratives, se trouvent,dit on dans tous ces livres d'histoire de l'art que j'ai lu , dans la cathédrale St.Lazare d'Autun et la basilique Sainte-Madeleine de Vézelay ...
C'est ainsi que j'ai compris que si je veux me faire une idée sur "la blanche robe d'églises", cette floraison d'édifices religieux qu'en partant de Cluny ont couvert la France de l'an mille, embellissant la Bourgogne,l'Auvergne, la Normandie ou la Provence, ainsi que les itinéraires de pèlerinage,
ces deux églises sont incontournables. Et de Vézelay à l'abbaye de Fontenay il n'y a qu'un pas, au propre comme au figuré. Car non seulement la distance physique n'est pas grande, mais c'est sur les remparts de la basilique Sainte-Madeleine de Vézelay que Saint Bernard, "dans un discours enflammé", a prêché pour la deuxième croisade. Et c'est Saint Bernard, c'est à dire Bernard de Clairvaux, qui a fondé l'abbaye de Fontenay,"sur un programme de rigueur et de passion", en rupture avec le luxe et la richesse de *proposant un nouveau langage architectural, d'une grande austérité et d'une admirable simplicité... Et son influence a été, il paraît, aussi féconde que celle du Cluny...

Vous n'auriez pas été curieux de voir de vos propres yeux tout çà? en tous cas, en ce qui me concerne, le trajet d'une nouvelle excursion était fait!... Dès que Michel a eu de nouveau envie de partir, sans avoir en tête aucune direction particulière, (comme l'autre fois, au début du décembre, par exemple, quand entre la mer et l'océan nous avons choisi la direction de Sète, à la Méditerranée, car le temps s'annonçait pluvieux vers l'ouest, où nous avons eu l'occasion de voir une autre rescapée "de justesse": la cathédrale de Maguelone.Elle aussi une belle romane, dans la construction de laquelle est impliqué un abbé Artaud,mais je ne sais pas où je peux vérifier si c'est le même Artaud que celui de l'abbaye de Vézelay. Je vous mette une petite photo de sa nef ici, juste pour le plaisir...)
j'ai proposé modestement ce "pèlerinage éducatif"...
Nous voilà donc de nouveau sur la route qui passe par La Palisse et Donjon et, deux heures plus tard, vers midi, nous apercevrons déjà la flèche de la cathédrale d'Autun,dépassant fièrement les collines du Morvan. Une flèche gotique, entièrement creuse, sans charpente, qui s’élève à 80m au dessus du sol, pour annoncer une fameuse église... romane
En fait, l'église en soi n'est plus tout à fait "romane". Elle réunit, au gré des modes et de bon vouloir des uns et des autres, toutes les époques du passé de la ville: les arcades du triforium dérivent de la porte d'Arroux, construite par les romains vers l'an 69, la nef est de style roman du XIIe siècle, la flèche et les parties hautes du chevet sont de style gothique flamboyant du XVe, les chapelles latérales de la nef et la tribune d'orgue, du XVIe... La salle capitulaire, qui abrite les chapiteaux romans, est d'un style gothique tardif...
Et encore, heureusement que l'argent a manqué, car autrement toute la partie romaine aurait pu disparaître. Pareil pour la ville elle- même, au XIX siècle: par manque d'argent les édiles se sont contentés de faire des aménagements "haussmaniennes" seulement sur la place principale, en construisant l'hôtel de ville et le théâtre et laissant en place l'ancien collège jésuite. Comme çà les "autunites" peuvent se venter aujourd'hui avec ses élèves devenus plus que célèbres, comme Napoléon Bonaparte et son frère Joseph, ou encore le physicien Jean Carnot.
J'exagère? Pas du tout, je vous assure. Déjà qu'à une époque, partout en France, le style roman étant considéré comme "laide"3, on détruisait partiellement les églises pour leurs ajouter des éléments gothiques. A Autun, au XVIIIe siècle, les chanoines qui géraient la cathédrale, n'aimant pas les sculptures qui ornent le tympan réalisé vers 1140, le recouvrirent de briques et de plâtre, sans hésiter à abattre la tête trop saillante du Christ. Tant mieux, on peut dire maintenant, parce que la sottise humaine aurait pu faire pire: comme ça, les révolutionnaires, ignorant son existence, l'épargnèrent. C'était l'époque ou on cassait les églises, romanes ou autres, par "convictions républicaines". A Autun ils ont même essayé de faire démolir les clochers des églises "qui offusquaient les yeux des républicains et contrastaient avec les principes de la sainte philosophie". On faillit même de vendre le monument pour utiliser la pierre4 . Comme pour Cluny, pour la grande abbaye cistercienne deGrandselve et tant d'autres monuments irremplaçables... Comme je l'ai déjà dit, l'intégrisme religieux ou révolutionnaire, c'est la même chose!
Enfin, une fois cette vague de folie passée, on a recommencé à réparer ce qui pouvait encore l'être. Prosper Mérimée fut nommé inspecteur des Monuments historiques et en cette qualité parcourut la France, assisté de Viollet-le-Duc, pour dresser l'inventaire des richesses du pays affin de sauver les plus précieuses. Ainsi, à Autun, pendant les réparations entamées en 1837, le tympan de la cathédrale fut redécouvert et dégagé et, pour le protéger, on a construit le porche avec ses deux tours romans sur le modèle de Paray le Monial, qui était le modèle initial de la cathédrale... La tête du Christ, retrouvé par l'abbé Griot, a été remise en place en 1948! 5
Et dire qu'aujourd'hui si on visite Autun c'est surtout pour sa Cathédrale, fameuse non pas par ses dentelleries gothiques , même pas par le beau tableau représentant le Martyre de saint Symphorien, peint par Ingres en 1834, mais par ses parties romanes sauvées in extremis. Et en particulier pour son remarquable ensemble sculpté, oeuvre de l'atelier de Gislebertus, qui, fait peu fréquent, a mis son nom sous les pieds du Christ du Jugement dernier, au tympan.

Le Tympan:
1. Christ Pantocrator
2. la lune et le soleil=le cosmos
3. troisième voussure: les signes du zodiaque et les travaux des mois
4. la balance du jugement dernier
5. les arcades de l'entrée du paradis
6. résurrection des morts
Bien sur que j'ai filmé tous les détailles du tympan, les chapiteaux des colonnes situées de chaque coté du portail et même les statues de Saint Lazare et ses deux sœurs, Marthe et Marie du trumeau(la colonne au milieu du tympan), mais je n'ai pas filmé, par contre, la misère produite sur le parvis de la cathédrale par les (trop?) nombreux pigeons... De toute façon, j'étais pressée d'aller voir l'intérieur, car Michel y était déjà et il avait l'air vachement ennuyé par mes exploits cinématographiques... Bon, finalement, après quelques frayeurs (je ne voyais pas Michel dans cette grande église, par contre, je voyais un type qui je ne sais pas trop qu'est ce qu'il faisait là, il a fait juste un tour et puis il est parti. Comme j'ai souvent peur dans les églises catholiques, trop vastes, en général trop sombres et grises pour moi,habituée comme je suis aux petites et intimes églises orthodoxes roumaines, en plus comme la nef était pleine de tout sorte d'échafaudage, l'église étant en rénovation, je ne vous dis pas quel soulagement j'ai eu ne voyant Michel: il revenait de la salle capitulaire...
Sans tarder, j'ai pris mon courage à deux mains pour y aller moi- même, et si vous regardez l'escalier que j'ai du monter, que j'ai filmé en marchant, "à mes risques et périls", vous comprendrez peut être que j'en avais bien besoin.
Mais, une fois arrivée en haut, je ne voulais plus partir: je vous assure que j'ai tout filmé, mais je ne vais pas mettre d'autres photos ici. Il y a déjà assez de sites sur le net qui le font, comme http://architecture.relig.free.fr/autun6.htmpour la salle capitulaire et http://architecture.relig.free.fr/autun5.htmpour la nef et le chœur, ou encore http://architecture.relig.free.fr/autun.htm pour tout, que je vous conseille vivement! Heureusement!
Et surtout, heureusement qu'il y a aussi des très bon sites pour Vézelay ... Car ici non seulement nous sommes arrivé trop tard pour tout photographier ou filmer, mais en plus nos piles étaient terminées. Vides. Mais comme ça vous pouvez regardez de très belles photos, et pas seulement, à l'adresse http://homepage.uvt.nl/~s239062/EDIFICES/vezelay.htm, ou http://www.art-roman.net/vezelay/vezelay.htm, ou encore http://architecture.relig.free.fr/Vezelay.htm.
Et nous sommes décidés de revenir-nous aussi sur les lieux. Car nous sommes loin d'avoir tout vu : il faisait presque nuit, et la basilique n'avait pas de lumière à l'intérieur, ou nous ne l'avons pas trouvé... En plus nous avons peur que quelqu'un peu venir et fermer les portes avec nous dedans, alors nous soyons vite sortis... Malgré cela, notre première impression a été formidable. Michel a pu faire quand même quelques photos, avant que ses piles s'épuisent totalement. En voilà six, juste pour avoir un aperçu du site et de la grandeur de ce qui reste de l'ancienne abbaye, sauvée elle aussi, in extremis, par le même Viollet-le-Duc:
vue de l'esplanade vers les collines du Morvan
la façade occidentale
le chevet gothique et la tour Saint-Antoine
vue d'ensemble de l'église, du coté sud, avec les deux tours.
perspective de rue vers la tour Saint-Michel
façade latérale sud , la tour Saint-Antoine et le bâtiment des moines

C'est pas beau ça? Et, encore une fois, il faut aussi regarder les photos publiées ailleurs sur le net. Pour Vézelay surtout, à http://www.art-roman.net/vezelay/vezelay.htm il y en a!... En espérant que je vous ai déjà convainque, je vais m'arrêter. Mais avant de passer à "l'expérience Fontenay", encore quelques remarques:
  1. dans la décoration des églises romanes les sculptures, généralement peintes, les fresques et plus tard, les vitraux, ont une fonction didactique: diffuser des enseignements religieux auprès d'une population en grande partie analphabète. Le programme didactique était déterminés par les abbés et réalisé par des artisans en se conformant à un langage figuré,immédiatement compréhensible à l'époque. Ce langage, devenu traditionnel , a ses origines dans le christianisme primitif.Ainsi,d'habitude, dans la scène du jugement dernier, le Christ "en gloire" apparaît dans une mandorle, entouré par les symboles des quatre évangélistes: Mathieu l'homme, Luc le taureau, Marc le Lion et Jean l'aigle.

  2. Autre exemple, à Autun, ce chapiteau du nef représentant la tentation du Christ: "le démon l'emmène sur une très haute montagne et lui fait voir tous les royaumes du monde avec leur gloire" (Mathieu) ... On peut voir le refus du Christ, avec son auréole, calme et posé, avec "l'Esprit", ailé et auréolé derrière, surveillant attentivement la scène et le diable, furieux, monté sur un sort de temple, sensé de représenter les royaumes (attention, ce n'est que mon interprétation). A noter que, à part la tête du diable, les proportions entre les différentes parties des corps des personnages sont bien respectés.
    Une autre tentation, sur un chapiteau du chœur de la cathédrale d'Autun, pourrait représenter la première tentation du Christ: "Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains"(Mathieu).
    Pour ce chapiteau , le site http://architecture.relig.free.fr/autun5.htm nous suppose une représentation du péché originel: c'est bien possible, vu plusieurs indices, comme, par exemple, le fait qu' aucun des deux personnages soumissent à la tentation n'ont pas d'auréole.
    En tous les cas, ici on peut bien voir la façon harmonieuse dont s'entremêlent dans ces sculptures le monde animal et végétal, ce qui laisse deviner un souci décoratif non avoué...
  3. pour l'ornementation, à l'héritage de l'époque gallo-romaine se mêlent des influences celtes et germaniques, mais en même temps se développe aussi une "symbolique chrétienne "particulière, un langage figuratif mystique. Ainsi, la reproduction de la réalité ne constitue plus une priorité, au contraire Dieu, Jésus Christ et les saints ne doivent pas être semblable aux humains. Si l'art classique mettait en relief l'humanité des dieux, l'art chrétien abandonne le naturalisme pour un langage mystique qui doit suggérer à la fois l'absence de corporéité, de matérialité physique et la majesté hiératique des personnages.
  4. Je ne sais pas vous, mais moi j'avais l'habitude de considérer le style roman dans l'architecture et surtout dans la sculpture comme un style "primitif" et dans un sens "maladroit", manquant de technique... Même si c'est peut être partiellement vrai, car on dit que les techniques romaines étaient un peu oubliées par les premières constructeurs des cathédrales, maintenant je ne crois plus du tout ça...
  5. Et je ne parle pas seulement de la qualité artistique, comme par exemple celle de cette Ève d'Autun, d'après moi digne d'un Brancusi ou autre sculpteur modern... Mais aussi d'autres aspects, plutôt "scientifique", comme par exemple la manière dont la lumière est souvent utilisée, comme une matière à part entière... Par exemple, à Vézelay, pour donner l'expression du Christ en majesté du tympan, le sculpteur avait utilisé l'ombre portée par la voûte... Ou, un autre exemple qui me vient à l'esprit, dans une autre église, en Auvergne, à Orcival, les ouvertures dans les murs sont calculées avec une telle précision que la lumière du soleil illumine le visage de la Vierge en majesté du chœur à une heure précise pour la Sainte Marie, grand journée de pèlerinage de mois d'août...

1.caractéristiques pour l'architecture romane sontla voûteen berceau, (en général la voûte appareillée,en maçonnerie, remplace l'ancienne voûte en bois), l' arc en plein cintre ou légèrement brisé et les absides en cul de four. 2.La colonne est un élément de support de forme cylindrique (ce qui la distingue du pilier
de forme carrée). Elle comprend trois parties :


  • La base: qui forme le pied
  • Le fût: ou "l'arbre" qui forme la portion médiane. Il peut être lisse, cannelé, etc.
  • Le chapiteau: qui couronne le fût. Il débute par une petite moulure arrondie, l'astragale.
    Sa partie principale forme la corbeille
    dont la décoration sculptée permet au fidèle de "lire" une histoire sacrée, ce pourquoi on parle de chapiteau "historié".
    Il se termine par le tailloir,
    élément plat qui établit le contact avec la partie supérieure

3. Même au XIXe siècle, quand le style roman était réhabilité, des écrivains comme Stendhal ou Michelet estiment qu'il faut bien du courage pour étudier cet art, notamment lorsqu'on le compare à l'art antique. (voir http://architecture.relig.free.fr/autun.htm)
4. " La Sentinelle d'Autun,1793", apud. "Autun, Histoire et guide de la ville", Denis Grivot, ed. Lescuyer, Lyon,1967. Il faudrait peut être montrer les journaux d'époque aux islamistes de nos jours, mécontents pour quelques caricatures... 5. Splendeurs et Merveilles des Monuments en France, Gérard Denizeau, ed.Larousse, 2005